Dans les mêmes éditions

Collection Anthropologie de l’Islam

Collection Œuvres universelles de l’Islam

Avertissement

La Collection « Œuvres universelles de l’Islam » rend hommage aux savants musulmans fidèles au Message coranique : « Être au service de l’Humanité ». Pour cela, il ont crée les Sciences, base de la Civilisation humaine, héritage de nos sociétés contemporaines.

Hélas, les savants musulmans n’ont jamais reçu la moindre marque ou témoignage d'estime et de gratitude, c’est-à-dire un honneur à l’égal de leur talent et de leur génie qu’ils léguèrent à la postérité.

Il est d’usage d’octroyer un nom [éponyme] à une rue, à un établissement public, etc. en l’honneur d’un personnage illustre ayant œuvré pour le bienfait de l’Humanité ou ayant contribué aux progrès de la Civilisation humaine [Sciences, Arts, etc.]. Ce qui est extraordinaire et absolument aberrant, est qu’en ce qui concerne les savants musulmans fondateurs de la Civilisation universelle, aucune rue, aucune voie, aucune avenue, aucun boulevard ; aucun établissement scolaire [école, collège, lycée] ou public [hôpital, Centre de Recherche, etc.] ; aucune Université, aucune Faculté, aucun Institut ; aucune fondation, aucune technique, ni aucune loi scientifique n’est honorée de leurs noms !

« En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes [lois scientifiques] pour les doués d’intelligence, » (Qour’ãn, 3-190)

« qui, debout, assis, couchés sur leurs côtés, évoquent Allah et méditent sur la création des cieux et de la terre [en disant] : Ô notre Seigneur ! Tu n’as pas créé [tout] cela en vain. Gloire à Toi ! Garde-nous du châtiment du Nār [Feu] ». (Qour’ãn, 3-191)

Une correction s’impose quant à diverses appellations faussement véhiculées pa la littérature1. En voici quelques unes. La « Science arabe ». Il n’y a jamais eu de Science « arabe ». La Science expérimentale [Chimie, Mathématiques, Physique, Médecine, Astronomie, Pharmacologie, Botanique, Agronomie, Zoologie, etc.] a été crée principalement par les Musulmans d’origine berbéro-andalouse [ou maghrébo-andalouse] et perse. Ainsi, la Civilisation de l’Islam Classique [CIC], héritage de nos sociétés contemporaines, a été essentiellement le fruit extraordinaire de ces deux peuples : berbéro-andalou et perse. Leur génie unique et ô combien prodigieux demeure à jamais gravé dans l’Histoire !

Les Chiffres « arabes ». Les chiffres [0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9] appelés inexactement « arabes » sont en réalité les chiffres du Maghrébo-andalou Abou Al-Hasan Al-Qalsadi [m. 890], monument des sciences mathématiques, qui est né à Bastan en Andalousie. Les mathématiques doivent leur clarification et leur progrès à son extraordinaire génie car il invente les chiffres à partir de règles géométriques selon la construction des angles. Ainsi, afin de rétablir la vérité les chiffres se dénomment : « chiffres d’Al-Qalsadi » ou « chiffres al-qalsadiens » !

La Civilisation « arabe ». Afin de ne pas s’attarder sur la prétendue « Civilisation « arabe » », faisons une simple et concise observation. Pas plus que de Science « arabe », il n’y eut de Civilisation « arabe ». Répétons-le, la Civilisation de l’Islam classique [CIC] a été fondée par des Maghrébo-andalous et des Perses, des populations non-arabes !

« Arabe du Maghreb ou d’Afrique du Nord ». Le Maghreb a pour population originale des Berbères qui sont les premiers habitants d'Afrique du Nord. De ce fait, les Maghrébins ou Nord-africains n’ont aucune relation ni aucun lien avec les Arabes. En effet, géographiquement, linguistiquement, ethniquement, physiquement, culturellement, gastronomiquement, etc. rien ne signale une quelconque relation avec ceux que l’on nomme les Arabes.

Lors de la conversion des Berbères à l’Islam, une grande partie d’entre eux ont opté pour la langue arabe qui n’est autre que la langue liturgique de l’Islam et donc celle du texte du Coran. Ainsi, les Berbères adoptèrent ensuite l’arabe en tenant compte de leur héritage berbère car ils demeurent toujours fidèles à leur patrimoine linguistique et culturel berbère. En effet, ils se distinguèrent même en développant leur propre langage, le langage arabo-berbère usité dans tout le Maghreb. Malheureusement, cette langue arabo-berbère n’a pas eu toute l’attention et le soin qu’elle aurait dû avoir pour se développer sémantiquement [vocabulaire scientifique, technologique, etc.].

Les Arabes définissent uniquement et seulement les populations actuelles du Golfe : Koweït, Bahreïn, Qatar, Sultanat d’Oman, les Émirats Arabes Unis [E.A.U.] l’Arabie et le Yémen. Ce ramassis de peuplades voue un mépris absolu à la Science, à la Culture, aux Arts, à l’Esthétique, au Progrès, à la Civilisation. D’un point de vue anthropologique et donc ontologique, la nature de la « société » des Arabes est essentiellement fragmentée en tribus bédouines et pirates. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire, les Arabes vouent un culte à la limite de la folie à leurs divinités l’or et l’argent qu’ils leur permettent d’acquérir prestige, gloire et considération aux yeux du monde qui les entoure. Ce manque de noblesse, ils s’efforcent de le combler par le recours au brigandage et aux razzias, traits culturels qui sont toujours la règle tribale. Naturellement, ils sont incapables de saisir le concept de Science. Totalement étranger à leur esprit, celui-ci est inconnu de leur mode de vie, de leur société. Dès lors, il leur est évidemment sans intérêt.

Ainsi, les expressions justes sont : Science islamique ou Science de l’Islam et en aucun cas Science « arabe » ; Civilisation de l’Islam et en aucune manière « Civilisation arabe » ; Chiffres alqasadiens, mais jamais « chiffres arabes » !


1 NAS E. BOUTAMMINA, « Les contes des mille et un mythes - Volume II », Edit. BoD,

Introduction

Construire la connaissance de la matière par un effort de raisonnement, d’observation et d’expérimentation fut un élément clé pour les fondateurs de la Chimie. En effet, la chimie contemporaine doit reconnaître l'héritage des grands empiristes des VIIIe et IXe siècles.

Ces empiristes rationnels témoignent de leur quête du savoir à l’ombre du Message théologique. En effet, leur témoignage étudié, expérimenté par une instrumentation ingénieuse et intelligible sera consigné et transmis par des ouvrages à la postérité.

L'établissement de lois scientifiques d’après l’examen des phénomènes de la nature apparaît en effet comme une étape indispensable de l'exercice de la raison, de la réflexion. Les fondateurs de la Chimie sont fidèles à cette attitude d'exiger que la description précise et l'existence de tels phénomènes soient établis en recourant à tous les moyens conceptuels et matériels, en s'entourant de toutes les précautions dont dispose dans le moment leur science, la chimie, pour fixer la compréhension des phénomènes de la matière, donc de la nature.

D'une manière plus générale, il appartient à la pensée de mettre en question le sens même de la notion de « matière » dans chaque contexte d'expérience. Problème assurément résolu dans la plupart des cas par ces pionniers de la chimie naissante.

I - L’idée de la « Chimie » de l’Antiquité jusqu’au VIIIe siècle

A - Qu’est-ce que la chimie ?

1 - Définition

Chimie est, d’un point de vue linguistique, un mot arabe qui signifie l’Agencement ou la « Subtilité » de la matière, d’un corps qui compose la nature, l’Univers, d’une chose agencée de manière subtile.

La chimie est la science relative à la constitution des corps physiques élémentaires et aux combinaisons de ces corps, au niveau atomique et moléculaire !

2 - Histoire de la chimie

Parallèlement à ceux des autres sciences [physiques, mathématiques, pharmacologie, etc.], les énoncés de la chimie ont rapidement acquis le mode de la rationalité, au VIIIe siècle, date de leur création.

L'application du rationalisme et son application à la matière fut directe et souveraine. Le savoir discursif de la chimie s’est établi et s’est développé dans l'expérience des corps matériels, les aspirations de l’observation. Aussi, l'origine de la chimie [de même que toutes les Sciences] est-elle inséparable des intentions de la réalité, donc de la Vérité : connaître Dieu à travers Sa Création. Et qu’est-ce que la Création si ce n’est de la découvrir dans son intimité, c'est-à-dire dans sa combinaison, son analyse !

Ce même esprit de raisonnement s’est illustré également en Médecine, par exemple, avec la création de l’Anatomie et la dissection du corps humain [analyse des organes donc de la matière et de son agencement].

Découvrant la matière, les fondateurs de la chimie y méditaient sur Dieu et les composants de l’Univers. Le monde, la matière, la faune, la flore, etc. Tout cela n’est pas le fruit du hasard et surtout cela n’a pas été crée en vain. De plus, le fruit de leurs découvertes sera mis au « Service de l’Humanité » ultime satisfaction pour eux car cette œuvre contribue à leur agrément divin.

Quoi qu’il en soit, ils saisissaient la puissance secrète créatrice d'une complexité ordonnée de corps qui se manifestait lorsqu’ils constituaient des éléments nouveaux et produisaient des effets inattendus. C’est grâce au rationnalisme [réalité des phénomènes] qu’ils ont su appliquer à la chimie et que cette dernière placera leur curiosité aux exigences de la vérification objective. Cependant, le désir de la connaissance demeure lié à la volonté d’être humble et de servir l’Humanité.

3 - Des quatre éléments naturels au concept d'élément chimique

Depuis les temps les plus reculés, l’homme percevait et concevait l’Univers et la nature comme une puissance mystérieuse, surnaturelle. Les seules explications qu’il pouvait leur donner étaient d’ordre magique, surnaturel, occulte, mythique. Dès lors, l'antique distinction des quatres éléments, la terre, l'eau, l'air et le feu était repérée dans l'ordre sensoriel ; quatre éléments qui possédaient leur lieu naturel et qui, par leur combinaison dans l'imaginaire cosmique, suffisent à donner un sens au monde.

Mais, dans ce type de vues, il n’est nullement question de transactions effectives de matières mais des symboles de caractères sensibles, renvoyés à des actions cosmiques.

Les fondateurs de la Chimie définissaient l’élément et le rapportait à une rationalité instrumentale essentielle. Ils attribuaien la qualité élémentaire à tout corps indécomposable. En effet, ils débarrassèrent les images primitives de la quaternité élémentaire de l’époque de l’ Obscurantisme.

Il ne faudrait pas s'imaginer, toutefois, que la défense doctrinale de la quaternité élémentaire s’imposa à l’Humanité aussitôt. Elle a eu de très beaux jours en Europe jusqu’à la fin du Moyen-Âge époque où elle entra en conflit avec les conceptions de la Chimie.

L’eau, l'air et le feu ont été continuellement assemblés en une triade active en l’opposant à l'élément terrestre plus ou moins inactif.

L’exemple de Paraceslse au XVIe siècle donna dans sa pratique de la quaternité élémentaire des capacités réactives de la matière au mercure, au soufre, ainsi qu’au sel.

Voir dans les substances matérielles des principes, y localiser des qualités actives, c'est perpétuer l’idée de la division et de l'opposition de la quaternité élémentaire et de leur forme.

Ce ne sera qu'au terme de longues observations et de recherches que les premiers chimistes percevront dans la profusion des corps naturels une multitude ordonnée de corps élémentaires. Ils ont su démêler l’énigme des aspects et développer une dialectique permanente entre l’extraordinaire diversité des objets de leurs observations et leur agencement dans une simplification d’une classification discursive.

Faut-il rappeler, pour se faire une idée de la mesure de cette mise en ordre qu'il ne s'agissait rien moins, aux débuts de la chimie, que d’axiomatiser les corps en éléments simples ou purs [or] ou composés ou altérables [fer, cuivre, etc.], de modéliser de nouveaux corps [acides, sels, réactifs, etc.].

En chimie, le simple n'est pas donné, mais conquis, comme le produit d'une technique d'homogénéisation tenace. Le développement de la chimie s'est articulé autour de l’ingéniosité des chimistes qui mirent au point des techniques, des procédés, du matériel toujours en activité.

Les fondateurs de la Chimie mirent au « Service de l’Humanité » leur œuvre créatrice. Il faut attendre le XIXe siècle pour que s'amorce de manière décisive la destinée de la Chimie qui nous est si familière. Ce qui paraît paradoxal dans l’Histoire des Sciences, c’est que d’une approche théologique ou métaphysique [Islam - Coran] que la Chimie et les Sciences en général virent le jour et expliquèrent la Création [Univers, faune, flore, l’Homme, etc.]. Celle-ci est gérée par des Lois ce qui donne une idée de la Puissance et du Pouvoir « ingénieux » du Créateur [Dieu]. Dès lors, aucune contradiction entre la Science et la Théologie, entre la Physique et la Métaphysique ! Il est indéniable que la Science découle de la Théologie [Islam] !

4 - L'étude de la chimie

Les théories empiriques des corps supposaient d'abord la mise en œuvre de techniques, par exemple, de distillation, de décantantion, d’extraction, de sublimation, d'isolement, etc. Au VIIIe-IXe siècle, les fondateurs de la chimie inventèrent dans un lieu confiné des dispositifs simples mais indispensables à leurs expériences qui seront, bien entendu, perfectionnés au cours du temps. Le laboratoire était né !

La chimie est une science dont l'une des caractéristiques est la diversité du matériel auquel le chimiste fait appel : les appareillages. Du fait de ses propriétés physiques [transparences, résistance thermique, malléabilité, etc.], le verre est le principal matériau utilisé sous différentes formes, tailles et couleurs.

a - Laboratoire et matériel de chimie

L’équipement de base le plus courant dans les premiers laboratoires pour réaliser la préparation de solutions est constitué principalement de divers matériels : petite balance, brûleur, bouteilles, jarres, filtres, passoires, pendule, pinces, pipettes, entonnoirs, spatules, ballons, fioles, éprouvettes, flacons, compte-gouttes, mortier et pilon, etc. Le type de verrerie dépend de l'expérience à effectuer : distillation [alambic], bain-marie, etc.

Les premiers chimistes recueillaient de nombreux corps et solutions en provenance de diverses substances. Leurs expériences furent hautement bénéfiques pour la connaissance des éléments. Leurs travaux de laboratoire aidèrent à franchir une étape méthodologique. Ils avaient dévoilé que de nombreuses substances pouvaient être séparées [distillation2, sublimation3, décantation4, extraction5].

5 - Conception de l’Univers, des éléments de la nature

ChimieGeberRhazès